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Pour la Sociale !

Catégorie : Idées

A propos de la précarité

Quand on parle de classe ouvrière, on a souvent en tête l’image de l’usine traditionnelle, de la mine ou des grands chantiers… où des équipes nombreuses entraient et sortaient à heure fixe. Ces concentrations de travailleurs et travailleuses, vivant la même condition, ont souvent été des lieux de socialisation et de développement de la conscience de classe. Dans nos contrées, ce modèle a largement été remplacé par des formes de travail plus individualisées.

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Péril en la demeure

George Arnald ( 1763 – 1841)

Les organisations qui se réclament du mouvement ouvrier et de la révolution sociale sont plongées dans une profonde crise d’identité. Notre courant subit la tempête de plein fouet. Le processus s’est accéléré ces derniers mois, tant au niveau international qu’en Espagne ou en France.

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Élections ?

Le texte, L’oligarchie qui nous gouverne, reprend la critique anarchiste classique de la démocratie représentative. Il rappelle, à l’aide d’éléments historiques judicieusement choisis, que celle-ci n’est qu’un des habits du pouvoir étatique. Sont éclairantes la résistance et la répression qu’ont connues, au cours de l’histoire, les tentatives pour déborder ce cadre par l’assemblée générale et le mandat impératif, entres autres moyens d’instaurer un système sans délégation de pouvoir.

Le fonctionnement des démocraties actuelles prouve la justesse de cette critique. La soi-disant vie politique se résume à des passes d’armes entre membres d’une oligarchie à l’abri de tout besoin et dont l’appartenance politique affichée importe peu. L’appareil institutionnel permet, au gré des aléas électoraux, de se recycler à l’infini. On constate, entre autres, au niveau de l’Union européenne, le rôle que joue ce nouvel étage bureaucratique pour caser les politiciens nationaux en fin de course. En sus, malhonnêteté et ennuis judiciaires ne sont jamais un frein pour des carrières qui semblent ne s’achever qu’avec la mort. Si rien n’est disponible dans les pantouflages politiques, les grands groupes économiques et financiers pourvoient. Ce tableau est complet avec des médias dominants qui servent la soupe aux politiques, relaient leurs agendas et expliquent aux populations combien il est normal et bon que cela aillent mal pour eux.

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L’oligarchie qui nous gouverne

oligarchie

La question de savoir comment sont prises les décisions dans une société humaine ne date pas d’aujourd’hui. Hérodote posait déjà la question : qui doit décider ? Un seul (la monarchie), une élite (l’oligarchie), tout le monde (la démocratie) ? Mais, dans ce classement, où l’historien grec aurait-il placé le régime actuel ? Car si le système des représentants s’est affublé du titre de démocratie, dans les faits, il s’apparente plus à une oligarchie. Autour des interrogations actuelles sur le concept de démocratie, il n’est peut-être pas inutile de préciser la genèse du système actuel. 

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La peste et le choléra

En France, des syndicalistes goodyear ont pris 9 mois ferme (en tout 24 mois de prison !) pour avoir retenu quelques heures deux cadres de l’entreprise; en Grèce Tsipras continue le massacre social exigé de Bruxelles en renonçant à un programme humanitaire (cartes d’approvisionnement de nourriture, la santé gratuite pour tous les laissés-pour-compte, les classes de soutien, etc.) censé aider les Grecs les plus touchés par le plan d’austérité général. Dans le même temps il entérine la privatisation des aéroports grecs au profit d’un groupe allemand (certainement un effet de la magie de la solidarité européenne !). Ces deux faits sont comme un résumé de l’état de décrépitude des gauches politiques en Europe.

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Sur un air de Marseillaise…

La Bataille de Valmy par Horace Vernet

Cela n’a pas traîné pour que les pandores s’activent à tout va et on ne compte plus (ou plutôt si, certains comptent, fort heureusement[1]) les quidams à avoir la joie d’une de leur visite plus ou moins musclée voire d’une garde-à-vue pour les plus veinards. Rien d’étonnant. La justice n’est pas toujours juste, loin s’en faut, mais la police ce n’est jamais la justice.

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Les noces sanglantes de la répression et du terrorisme

Nous publions ci-dessous un article d’opinion qui nous vient de Montpellier et qui nous a semblé bien informé sur les récents événements en France.

Le climat politique de la France en « guerre » reste aussi sombre que les perspectives d’un accord susceptible d’empêcher la catastrophe climatique globale qui arrive au pas de course. A Paris, où était interdite toute manifestation susceptible d’embarrasser les 150 chefs d’État réunis pour faire le minimum pour le climat et le maximum pour leurs industries nationales respectives, la police a attaqué aux bombes de gaz les quelques centaines qui ont eu le courage de braver l’interdit le 29 novembre et 341 personnes ont été arrêtés.

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Très grandes entreprises…

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Cet été, j’ai lu un peu par hasard le livre d’Olivier Basso : Politique de la Très grande entreprise (PUF 2015). Sur le moment, j’ai eu le sentiment d’apprendre des choses, mais quand j’ai voulu en faire part à mon entourage, le charme était rompu. Mes interlocuteurs me disaient que j’alignais des banalités, que tout ça on le savait déjà et depuis longtemps. Ce qui ma paru éclairant, mais difficile à restituer, c’est qu’à un moment donné, en prenant de l’ampleur, les choses changent de nature et on entre dans une ère nouvelle. C’est peut-être ce qui se passe avec les multinationales.

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Quand Besançenot s’habille de noir

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Quelques réflexions à propos de : Olivier Besancenot, Michael Löwy, Affinités révolutionnaires. Nos étoiles rouges et noires. Pour une solidarité entre marxistes et libertaires, Fayard, Mille et une nuits, août 2014.

Ça ressemble à une déclaration d’amour. C’est un nouveau petit livre rouge (et noir) dans lequel le sociologue et philosophe Michael Löwy et le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (devenue depuis NPA) à la présidence de la République en 2002 et 2007 disent tout le bien qu’ils pensent des libertaires.
Nos étoiles rouges et noires… ça fait un peu bling, bling, trop beau pour être honnête, comme la lettre que le jeune facteur (de moins en moins jeune en fait) écrit à Louise Michel dans cet opus. Une fois de plus (1), des marxistes, léninistes, trotskystes… s’attribuent un héritage qui n’est pas le leur, mais celui de leurs voisins. Des voisins eux-mêmes affaiblis, absorbés par leurs problèmes et qui pourraient se laisser faire.
Cet ouvrage prend d’une certaine manière, quarante ans plus tard, le contre-pied du livre de Jacques Duclos Bakounine et Marx ombre et lumière (2), dans lequel le dirigeant du parti communiste français de l’époque tentait d’affaiblir l’anarchisme en dénigrant et calomniant Bakounine.
Dans le livre de Besancenot et Löwy, par contre, c’est l’anarchisme qui est mis en lumière alors que le marxisme apparaît plutôt comme la face sombre du socialisme : un mal nécessaire. Il ne s’agit pas, pour les auteurs de renier leur doctrine (le marxisme), mais au contraire de l’éclairer, de lui donner un supplément d’âme en quelque sorte, grâce à des idées et des militant-e-s libertaires.
Dans la première partie, comme dans la troisième, le texte est décoré par les portraits d’illustres ancêtres marxistes, anarchistes, ou « marxistes libertaires » qui sont offerts à l’admiration des lecteurs.
Les staliniens ou les maoïstes pour qui le marxisme était la religion d’Etat, ne sont visiblement pas des marxistes « authentiques » pour Besancenot et Löwy. Par contre, Pierre Monatte qui « préférait se définir comme « syndicaliste communiste » » aurait été « le plus marxiste des libertaires » avant 1914, pour devenir « après le premier conflit mondial, le plus libertaire des marxistes ». Celui qui ne se réclame pas du marxisme, l’est en quelque sorte malgré lui. Autre cas de figure : il y a celui qui a pu se réclamer de l’anarchie et du marxisme à un moment donné, comme Walter Benjamin, mais dont la pensée complexe et foisonnante ne peut être enfermée dans un moule… Par là se précise le propos des auteurs : il s’agit pour eux de se dissocier des principaux avatars du marxisme-léninisme et de mettre en avant des figures riches, attrayantes et positives, pour cautionner un projet politique et organisationnel réducteur.
Et les portraits se succèdent, de marxistes reconnus, comme Rosa Luxembourg et de non-marxistes, joyeusement adoptés, tels que les anarchistes Emma Goldman ou Buenaventura Durruti entre autres. Celui qui n’est pas initié, découvre ainsi, au fil des pages, que les « marxistes » sont ceux dont les auteurs s’estiment les héritiers (les militants du POUM en Espagne, par exemple) et que d’autres personnes qui n’ont jamais été marxistes méritent de voir leur portrait figurer dans cet album, parce que des trotskystes (ou Trotsky lui-même) les apprécient et/ou citent leurs propos.
On ne trouve pas dans ce livre une définition explicite du marxisme, mais à sa place, beaucoup de confusion. On lit dans les premières pages que, lors des événements de la Commune de Paris en 1871, Marx aurait écrit des textes plus libertaires que Bakounine. « Enthousiasme libertaire » de Marx qui, visiblement, fut de courte durée, puisque Bakounine et James Guillaumes furent expulsés de la Première Internationale, l’année suivante, parce qu’ils rejetaient le centralisme marxiste et refusaient d’admettre que « la conquête du pouvoir politique [soit] le grand devoir du prolétariat » (3).
Par touches successives, tout au long du bouquin, un imaginaire se met en place dans lequel le marxisme, aussi appelé « matérialisme historique » apparaît comme le pôle de la sobriété, de la rigueur, de la science, alors que l’anarchisme serait le pôle de la spontanéité, de la révolte, de la créativité, du romantisme…

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