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Pour la Sociale !

Auteur : Laffranchi (Page 1 of 6)

L’Espagne en kaléidoscope

Nous avions commencé à rédiger cet article au moment de l’investiture de Quim Torra, le nouveau président de la Generalitat. Depuis la mise sous tutelle de la Catalogne par le gouvernement central, l’actualité ibérique a été frénétique : autodissolution de l’ETA ; condamnation du Parti populaire (PP) dans un maxi-procès de corruption (le réseau Gürtel) ; renversement du gouvernement de Mariano Rajoy par une motion de censure et arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez du parti socialiste (PSOE). En parallèle et plus important à nos yeux, il y a eu la grève et les manifestations massives des femmes le 8 mars ; les manifestations massives des retraité-e-s… auxquelles il faut ajouter les nombreuses autres mobilisations sociales et féministes qui se déroulent régulièrement dans l’Etat espagnol. Par ailleurs, la répression et les incarcérations d’artistes critiques et d’autres militant-e-s se poursuivent…

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Révolution russe : la bureaucratie II

Poursuivant la réflexion entamée dans le précédent article, ce texte met en lumière certains mécanismes qui furent à l’œuvre dans la dégénérescence dite bureaucratique de la Révolution russe. Il s’intéresse notamment aux soviets et aux comités d’usine.

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Révolution russe : la bureaucratie I

Pour nombre d’auteurs, le destin funeste de l’URSS est le résultat d’un processus de bureaucratisation. Le terme de « bureaucratie », utilisé pour désigner les privilégiés et dirigeants de la société soviétique, m’est toujours apparu comme un fourre-tout commode qui obscurcissait plus qu’il n’éclairait le problème. Je me suis toujours demandé comment cette bureaucratie (aussi appelée nomenklatura ou apparatchiks) était parvenue à asseoir sa domination ; quelle était son origine et sur quelle base sociale reposait le régime.

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Questions sur la Révolution russe et l’URSS

L’an dernier, le centenaire de la Révolution russe a été l’occasion de commémorations et de publications. Il y a eu des livres et des articles de circonstances, des rééditions d’ouvrages classiques… mais pas de quoi ameuter les foules. Au fond, malgré l’ampleur du mouvement populaire à l’origine de la chute du tsarisme, malgré l’immense impact international de ces événements sur le « court XXe siècle »[1], il semble oiseux de fêter ce qui a débouché sur un désastre doublé d’une escroquerie. Il est déprimant de se rappeler qu’alors que les paysans, les ouvriers, les révolutionnaires… d’URSS étaient par millions les victimes d’une dictature sanglante, dans le reste du monde les « communistes » prenaient l’ascendant sur les autres organisations du mouvement ouvrier au nom de la glorieuse Révolution d’octobre !

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Le système des « permis » et l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère en Suisse

Régulièrement, les autorités suisses se réjouissent des statistiques qui chiffrent le nombre de personnes au chômage à 3% de la population active et prétendent que le pays connaît un quasi plein emploi. En fait, selon les critères du Bureau international du travail (BIT), le taux de chômage serait de 5%, pas si loin de la moyenne de 7,3% de l’Union européenne[1]. Quoi qu’il en soit, ces chiffres ne reflètent que partiellement la demande d’emploi[2]. Malgré ce qu’on veut nous faire croire, les salarié-e-s craignent les licenciements, car la précarité et l’exploitation à outrance sont bien présentes. Elles reposent notamment sur le licenciement libre, un système de formation au rabais (apprentissage) et élitaire (moins d’universitaires qu’ailleurs en Europe) ainsi que sur une exploitation astucieuse de l’immigration et des personnes relevant du droit d’asile.
Contrairement à ce qu’affirment les nationalistes et autres « populistes », ce ne sont pas les migrant-e-s qui font pression sur les salaires et les conditions de travail, mais les statuts institutionnels auxquels les autorités les soumettent.

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Catalogne : vers la normalisation ?

Après que Carles Puigdemont, le président déchu de la Generalitat, ait annoncé depuis Bruxelles que l’indépendance n’était pas la seule solution à la crise catalane et qu’il était prêt à accepter « une autre relation avec l’Espagne » ; alors que la présidente du parlement catalan Carme Forcadell a affirmé que la déclaration unilatérale d’indépendance avait un caractère symbolique ; quand ERC (la gauche républicaine catalane) reconnaît que les conditions n’étaient pas remplies pour établir la République… que reste-t-il du projet soutenu par les CUP[1] et par certains libertaires et anticapitalistes qui voient dans le procés catalan un moyen de renverser le régime politique issu de la Transition (1978). La République catalane étant la première étape d’une remise en question du statu quo postfranquiste.

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Le conflit catalan

Au moment où nous écrivons ces lignes, les résultats du référendum sur l’indépendance de la Catalogne ne font aucun doute. Ce ne sont pas les arguments du président Rajoy et de la vice-présidente Sáenz de Santamaría – qui expliquent que ce scrutin n’offrait aucune garantie – qui y changeront quelque-chose. Avec les centaines de blessé-e-s laissés sur le carreau par les forces de police, les indépendantistes ont déjà gagné une première bataille. Face à des gens qui ne demandaient qu’à voter et qui se sont faits matraquer et tirer dessus des balles en caoutchouc, les chefs du gouvernement espagnol ressemblent à des robots aux discours monocordes et répétitifs. Dans ce contexte, le mouvement libertaire et les anarchistes sont confrontés à un dilemme : ils-elles défendent les gens de leur quartier victimes de la violence policière et sont déterminés à lutter contre la chape de plomb qui est en train de couvrir la Catalogne, où les mouvements sociaux souffrait déjà – comme dans le reste de l’Etat espagnol – de lois scélérates de plus en plus répressives. Sans vouloir faire les donneurs de leçon et avec la distance géographique qui nous sépare, il ne nous est pas interdit de réfléchir aux prises de position dont nous prenons connaissance. Ainsi, nous ne pensons pas qu’il faille apporter un appui au nouvel Etat qui se dessine et qui n’offre aucune garantie d’être moins corrompu ou moins autoritaire que le précédent.

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Retraites : PV2020

Quand la confusion règne ou les aléas de la méthode référendaire

Au départ, les choses paraissaient simples. Suivant les arguments d’un ministre PS, les chambres fédérales avaient accepté un compromis (prévoyance vieillesse 2020) qui – une fois encore – lésait les travailleuses obligées de travailler une année de plus (jusqu’à 65 ans) pour pouvoir bénéficier de l’assurance vieillesse (AVS). Déjà, dans les années 1990, c’était une conseillère fédérale PS : Ruth Dreifuss, qui avait fait passer l’âge de la retraite des femmes de 62 à 64 ans en échange de quelques concessions. Rien de mieux que de prétendus socialistes pour défendre le compromis politique, en disant que ce serait ça ou pire encore en cas de rejet ! Dans le cas présent, une compensation mensuelle dérisoire de 70 francs suisse (env. 60 €) pour les futurs retraités (hommes et femmes) a été obtenue, financée par une hausse des cotisations et de la TVA, l’impôt le plus antisocial !

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A propos de la précarité

Quand on parle de classe ouvrière, on a souvent en tête l’image de l’usine traditionnelle, de la mine ou des grands chantiers… où des équipes nombreuses entraient et sortaient à heure fixe. Ces concentrations de travailleurs et travailleuses, vivant la même condition, ont souvent été des lieux de socialisation et de développement de la conscience de classe. Dans nos contrées, ce modèle a largement été remplacé par des formes de travail plus individualisées.

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RailFit : ou comment les CFF exploitent les travailleurs

Sous le nom de RailFit20/30, la direction et le conseil d’administration des Chemins de fer fédéraux (CFF) sont en train de faire avaler une énorme couleuvre à leurs employé-e-s. A l’horizon 2020, ils ont prévu de réduire les coûts de fonctionnement de 1,2 milliards de francs par rapport à 2014. Plus de 500 millions seront économisés sur les salaires. Cela se fera par la suppression de 1200 emplois (1400 postes de travail vont disparaître, mais 200 seront créés pour répondre à l’augmentation du trafic) ; par la disparition de certaines prestations dont bénéficiaient le personnel et les retraité-e-s ; par l’augmentation des cotisations sociales à la charge des travailleurs, etc.

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