Les agressions nazies violentes ne sont pas une nouveauté. Dans un contexte de montée du fascisme, du racisme et de la xénophobie, il s’en produit régulièrement en Suisse et ailleurs en Europe. Celle qui a eu lieu à Lausanne nous touche du fait de notre proximité avec la victime. Par ce texte, nous tenons à manifester notre solidarité avec le camarade frappé et blessé à Vidy. Nous tiendrons nos lectrices et lecteurs au courant des mobilisations qui vont suivre.
De manière générale, on observe que les autorités ne répriment pas de la même manière les violences de l’extrême-droite que celles commises par d’autres. Quand elle est menacée, la démocratie bourgeoise préfère toujours le fascisme et les dictatures, qui ne remettent pas en cause les intérêts de ses mandants, aux mouvements sociaux. Et même quand ceux-ci sont affaiblis, elle préférera la contre-révolution préventive à une hypothétique remise en cause de ses privilèges. C’est pourquoi nous pensons que cette agression n’est pas sans lien avec le Carnaval populaire & deter qui a eu lieu le 28 mars 2026 à Lausanne et qui a rassemblé plusieurs milliers de participant.e.s. Ici, les fachos ne tiennent pas la rue, la jeunesse lausannoise est massivement antifasciste. Que reste-t-il aux nazis et autres racistes, masculinistes… sinon les agressions contre des personnes isolées ? En fait, n’importe qui est menacé.e par cette engeance qui sert le capitalisme : personnes racisées, appartenant à la communauté LGBTIQ+, féministes, sans domicile fixe, etc.
Les faits
Par ces fortes chaleurs, la fréquentation des bords du lac Léman fait envie. A Vidy, ce sont surtout des personnes des milieux populaires qui viennent se rafraichir. Samedi 4 juillet, vers 15h, un groupe de sept hommes, tatoués de symboles nazis : «runes nordiques, toile d’araignée sur le coude, motifs ressemblant à un soleil noir ou une croix de Lorraine inversée»[1] tournent autour d’un jeune portant un t-shirt avec la mention «antifa». Au moment où celui-ci se lève pour quitter le parc, il est encerclé par ces types qui lui ordonnent d’enlever son t-shirt, ce qu’il refuse. Il est alors projeté au sol et roué de coups, dont des coups de pieds, de poings et de béquilles au visage. Sa compagne et sa belle-sœur tentent de lui venir en aide, mais il est sérieusement blessé… Des blessures qui vont nécessiter une intervention chirurgicale. Les agresseurs – dont le comportement a été décrit comme «froid, méthodique et organisé» – se replient.
La police appelée sur les lieux n’aurait pas, dans un premier temps en tout cas, retrouvé les agresseurs pourtant photographiés et dont l’un aurait perdu sur place son téléphone portable. Evidemment, nous ignorons les avancées de l’enquête, mais on peut craindre que la maréchaussée ne fasse pas trop de zèle quand on sait que, durant des années, un certain nombre d’agents de la police lausannoise participaient à des groupes WhatsApp où ils faisaient circuler des messages racistes, sexistes, antisémites ou discriminatoires. Et au moment où nous écrivons ces lignes, nous apprenons que les deux policiers licenciés dans le cadre de cette affaire sont parvenus à faire annuler leur renvoi par la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois, au motif que la Municipalité aurait trop tardé à communiquer ces licenciements ! C’est donc un message d’impunité que donne aujourd’hui le système politico-judiciaire aux fachos, en uniforme ou non. En tout cas, la suite qui sera donnée sur le plan judiciaire à l’agression de Vidy sera riche d’enseignements sur les rapports de force internes (et aussi extérieurs) aux institutions.
Par les temps qui courent, il ne suffit pas de manifester dans la bonne humeur, ou de dénoncer les crimes policiers impunis. Il est temps de s’organiser, de passer à la vitesse supérieure.
[1] 24 heures, 06.07.2026.



